Partager l'article ! Présidentielles américaines : c’est un peu à qui aura les soutiens les plus encombrants…: Il existe une course parallèle à la course à ...
BY ART
Il existe une course parallèle à la course à la Maison Blanche : la course aux bourdes et aux soutiens encombrants. Et chaque parti a ses champions en la matière.
Dans le camp d’Hillary Clinton, on tient un champion toutes catégories en la personne d’Eliot Spitzer. Le gouverneur de New-York (qui a démissionné depuis) et soutien de l’ancienne Première Dame, était présenté comme le « Monsieur Propre » de l’Amérique, celui qui pourchassait les fraudes financières de grandes banques. Et voilà que « Monsieur Propre » n’est pas si propre puisque lui-même s’est fait épinglé dans un vilain scandale de prostitution organisée. Evidemment, comme tout bon américain qui se respecte, il est désolé, il dit qu’il va se faire soigner et q"qu'il ressentira du remord jusqu'à la fin de sa vie". (Il a pris des cours avec Bill Clinton on dirait).
Toujours chez Clinton, mais en deuxième position, on trouve Gerry Ferraro, membre de l’équipe Clinton, qui déclare que : « Si Obama était une femme blanche, il ne serait même plus en course ». Au moins ça aura permis de relancer le débat sur le racisme aux Etats-Unis, mais la pauvre ne fait désormais plus partie de l’équipe.
Chez Obama, on n’est pas non plus en reste.
Ainsi Samantha Power, pourtant relativement intelligente et diplômée d’Harvard, qualifie-t-elle Hillary de monstre. Même scénario, plates excuses et démission.
Dans le rôle du soutien border line, c’est Jeremiah Wright, pasteur de la Trinity United Church of Christ de Chicago, paroisse de Barack, qui envoie des slogans relativement peu politiquement corrects.
« The government gives them the drugs, builds bigger prisons, passes a three-strike law and then wants us to sing 'God Bless America.' No, no, no, God damn America, that's in the Bible for killing innocent people. God damn America for treating our citizens as less than human. God damn America for as long as she acts like she is God and she is supreme.”(1)
C’est toujours le même qui répond à Gerry Ferraro en disant que “Hillary ne s’est jamais fait traitée de noire”. Certes.
Bref, belle foire d’empoigne chez les démocrates, alors même que toute parole compte, est interprétée et sur interprétée par l’adversaire. On ne sait d’ailleurs jamais trop si ces gaffes ne sont pas « commandées » par les deux candidats pour exprimer haut et fort ce que beaucoup de leurs électeurs pensent tout bas.
Les républicains, même si leur candidat est déjà choisi, ne sont pas à l’abri des faux-pas.
Amis catholiques, je sais que vous adorez Mc Cain parce qu’il est résolument anti-avortement, anti-mariage homosexuel, mais il est quand même bon de savoir qu’un soutien de celui-ci, John Hagee, pasteur évangélique de l’Eglise de San Antonio a qualifié l’Eglise catholique de « great whore »(2), ni plus ni moins, et a décrété que les catholiques étaient des apostats. Bien sûr, ces mots n’engagent que celui qui les prononce, et d’ailleurs Mc Cain l’a dit lui-même : "It's simply not accurate to say that because someone endorses me that I therefore embrace their views »(3). Mais tout de même.
Avec Rod Parsley, espèce de grand dingue évangélique aussi, qui a sa propre émission de télé et passe ses journées à haranguer les foules qui répètent ses mantras, ce sont cette fois les musulmans qui en prennent pour leur grade. Evidemment, selon lui, ils sont tous terroristes, et évidemment il faut prendre les armes et refaire la Croisade. Et en bon oracle, il prédit même qu’il se peut que nous ayons déjà perdu cette bataille. Il faut savoir que cet excité appartient au courant du « dominionisme », qui consiste à infiltrer progressivement toutes les sphères de l’Etat et à terme, remplacer la Constitution par la loi de la Bible (on ne sait pas trop si ce sont les dix commandements ou l’œil pour œil, dent pour dent…)
On sent bien que Mc Cain essaye par tous les moyens de récupérer l’électorat de Mike Huckabee, pasteur évangélique qui a créé la surprise lors des primaires en récoltant pas mal de voix. Car c’est ce même électorat qui avait largement participé à l’élection de Bush.
Mais si Mc Cain veut aussi séduire certains démocrates, il ferrait bien de garder son petit côté « maverick »(4) qui fait qu’il n’auront pas peur d’élire un nouveau Bush.
(1) "Le gouvernement leur donne de la drogue, construit des prisons plus grosses et adopte la loi "three-strike" et après il veut que nous chantions "Dieu bénisse l'Amérique". Non, non, non, Dieu maudisse l'Amérique. C'est le châtiment que préconise l'Eglise pour le meutre d'innocents. Dieu maudisse l'Amérique parce qu'elle traite les citoyens comme des moins que rien. Dieu maudisse l'Amérique tant qu'elle se prend pour Dieu."
"Three-strike law", relativement intraduisible. Fait référence au base-ball et aux strikes, c'est à dire aux tirs du batteur. Au bout de trois tirs ratés, le
batteur est automatiquement éliminé. La loi "three-strike" prévoit qu'au bout de trois crimes, le criminel soit automatiquement condamné à l'emprisonnement à vie.
(2)Correspond à ce que Molière aurait appelé une fille de joie.
(3) C'est pas moi qui l'a dit c'est pas moi qui l'est.Littéralement: "Ce n'est pas juste de dire que je suis forcément d'accord avec les opinions exprimés par ceux qui me soutiennent"
(4)Rebelle par rapport au courant de pensée dominant chez les républicains. Hé oui, Mc Cain le vétéran passe pour un rebelle dans son propre camp...
Qu'en pensez-vous