politique

Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 14:48

Comme promis dans un article du 20 octobre 2006 que vous pouvez lire ici, Erdogan va gagner.

 

Aujourd’hui, je crois que la preuve est faite que la Turquie va rentrer dans l’Europe sans même qu’on soit prévenus.

En fait, on peut même dire que la Turquie est déjà quasiment rentrée dans l’Europe parce qu’en ce moment, la Commission Européenne est en train de discuter de problèmes d’harmonisation des lois sur la propriété intellectuelle et sur le droit des sociétés. En musique, quand on en est à la mise en harmonie des instruments, c’est que la composition de l’orchestre a déjà été décidée…Et cette orchestre là risque de jouer bien faux, surtout si on nous débarrasse pas bientôt de l’affreux Erdogan.

Sans parler de l’Euro ou le prochain match va opposer l ‘Allemagne à la Turquie…Si la Turquie gagne, no comment.

 

Bref, après cette brève digression musicale et sportive, voilà le résumé des faits.

 

-         Le 29 mai, l'Assemblée adopte en première lecture un amendement rendant le référendum obligatoire pour l'entrée dans l'Union européenne de pays représentant plus de 5% de sa population, ce qui concerne tout particulièrement la Turquie. Enfin une initiative courageuse et censée.

-         Mais, mais, c’est sans compter sur les humeurs du gouvernement turc représenté par Monsieur Erdogan. Celui-ci se dit « irrité » début juin, de la teneur de ce texte. (Pour info on, se souvient que le même Erdogan avait carrément traité les parlementaires d’incapables lors de l’adoption de la loi sur le génocide arménien. Comme quoi, là, la critique était assez modérée)

-         Du coup, le Sénat fait ce qu’il sait faire de mieux : machine arrière. Cette nuit (lundi 23 juin), les sénateurs sont revenus ainsi à la rédaction initiale du texte de la réforme qui supprime l'automaticité d'un référendum pour tout nouvel élargissement introduite dans la Constitution en 2005 par Jacques Chirac, et ce par 297 voix contre 7. De plus, comme si un tel retournement ne suffisait pas, on se confond en excuse et en salamalecs auprès de le Turquie, pays « allié et ami », on en profite pour faire des grands témoignages d’amitié, on vilipende la discrimination notoire dont on fait preuve les parlementaires, bref on rampe une fois de plus au pied du gouvernement turc. Je m’étonne d’ailleurs qu’on ne s’attaque pas nous même en justice pour discrimination à l’adhésion, ou que le Sénat ne défile pas dans la rue avec des pancartes « touche pas à mon pote ».

-         Résultat des courses : La Turquie pourra entrer dans l’Europe avec seulement 3/5 de votes favorables au Congrès des parlementaires. Yala !

 

Ce que j’en pense c’est que :

-         La fracture entre les peuples et les élites européennes n’est pas prête de se refermer. Les peuples ne veulent pas du Traité de Lisbonne, et bien les peuples ne comprennent rien et ils auront quand même le Traité de Lisbonne qui entre temps aura été vaguement relifté pour permettre de faire revoter les peuples (peut-être d’ailleurs qu’en signe d’amitié, d’amour et de solidarité, ainsi que de tolérance, de non-discrimination, de gentillesse à l’égard du prochain et de fraternité, le prochain Traité s’appelera-t-il le « Traité d’Ankara »). Les peuples ne veulent pas de la Turquie et élisent Monsieur Sarkozy justement parce qu’il promet un référendum vu comme la seule barrière possible à l’invasion de la Turquie, et bien dommage pour le peuple, on change la Constitution pour que la Turquie puisse rentrer plus facilement.

-         Comme avec la Chine, la politique étrangère de la France est basée sur une diplomatie de la faiblesse. Or une telle diplomatie ne permet pas un équilibre entre les pays.

-         Vue les évolutions démographiques, si elle intégrait l’Europe, la Turquie y pèserait plus lourd que la France. Je suis peut-être obtus mais j’aime moyennement ça.

-         Sans avoir le temps de dire ouf, on va avoir l’Iran à notre porte, et il ne faudra pas aller pleurer quand ils auront fini de préparer leur « bombe-atomique-qu’ils-nomment-de-facon- humouristique-nucléaire-civil ». Et quand la Turquie s’en prendra à l’Irak comme c’est déjà le cas, et que l’Iran ira défendre l’Irak pour étendre son empire, et bien la bombe atomique, c’est sur l’Europe qu’elle atterrira. Bienvenue dans la nouvelle guerre froide.

-         Je me demande à quoi sert l’Union Méditerranéenne, si justement les pays du bord de la Méditerranée sont intégrés à l’Europe. Pourtant on pourrait appliquer un principe de bon sens : les pays d’Europe dans l’UE et les pays du bord de la Méditerranée, dans l’union Méditerranéenne.    

 

Conclusion :

-         Tous mes espoirs reposent donc maintenant dans la possible interdiction de l’AKP (le parti d’Erdogan, majoritaire au Parlement) suite à un procédure lancée par la Court Suprême pour anticonstitutionnelle.

 

 

Par laurence - Publié dans : politique
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 22:02

Il existe une course parallèle à la course à la Maison Blanche : la course aux bourdes et aux soutiens encombrants. Et chaque parti a ses champions en la matière.

 

Dans le camp d’Hillary Clinton, on tient un champion toutes catégories en la personne d’Eliot Spitzer. Le gouverneur de New-York (qui a démissionné depuis) et soutien de l’ancienne Première Dame, était présenté comme le « Monsieur Propre » de l’Amérique, celui qui pourchassait les fraudes financières de grandes banques. Et voilà que « Monsieur Propre » n’est pas si propre puisque lui-même s’est fait épinglé dans un vilain scandale de prostitution organisée. Evidemment, comme tout bon américain qui se respecte, il est désolé, il dit qu’il va se faire soigner et q"qu'il ressentira du remord jusqu'à la fin de sa vie". (Il a pris des cours avec Bill Clinton on dirait).

Toujours chez Clinton, mais en deuxième position, on trouve Gerry Ferraro, membre de l’équipe Clinton, qui déclare que : « Si Obama était une femme blanche, il ne serait même plus en course ». Au moins ça aura permis de relancer le débat sur le racisme aux Etats-Unis, mais la pauvre ne fait désormais plus partie de l’équipe.

 

Chez Obama, on n’est pas non plus en reste.

Ainsi Samantha Power, pourtant relativement intelligente et diplômée d’Harvard, qualifie-t-elle Hillary de monstre. Même scénario, plates excuses et démission.

Dans le rôle du soutien border line, c’est Jeremiah Wright, pasteur de la Trinity United Church of Christ de Chicago, paroisse de Barack, qui envoie des slogans relativement peu politiquement corrects.

« The government gives them the drugs, builds bigger prisons, passes a three-strike law and then wants us to sing 'God Bless America.' No, no, no, God damn America, that's in the Bible for killing innocent people. God damn America for treating our citizens as less than human. God damn America for as long as she acts like she is God and she is supreme.”(1)

C’est toujours le même qui répond à Gerry Ferraro en disant que “Hillary ne s’est jamais fait traitée de noire”. Certes.

 

Bref, belle foire d’empoigne chez les démocrates, alors même que toute parole compte, est interprétée et sur interprétée par l’adversaire. On ne sait d’ailleurs jamais trop si ces gaffes ne sont pas « commandées » par les deux candidats pour exprimer haut et fort ce que beaucoup de leurs électeurs pensent tout bas.

 

Les républicains, même si leur candidat est déjà choisi, ne sont pas à l’abri des faux-pas.

Amis catholiques, je sais que vous adorez Mc Cain parce qu’il est résolument anti-avortement, anti-mariage homosexuel, mais il est quand même bon de savoir qu’un soutien de celui-ci, John Hagee, pasteur évangélique de l’Eglise de San Antonio a qualifié l’Eglise catholique de « great whore »(2), ni plus ni moins, et a décrété que les catholiques étaient des apostats. Bien sûr, ces mots n’engagent que celui qui les prononce, et d’ailleurs Mc Cain l’a dit lui-même : "It's simply not accurate to say that because someone endorses me that I therefore embrace their views »(3).  Mais tout de même.

Avec Rod Parsley, espèce de grand dingue évangélique aussi, qui a sa propre émission de télé et passe ses journées à haranguer les foules qui répètent ses mantras, ce sont cette fois les musulmans qui en prennent pour leur grade. Evidemment, selon lui, ils sont tous terroristes, et évidemment il faut prendre les armes et refaire la Croisade. Et en bon oracle, il prédit même qu’il se peut que nous ayons déjà perdu cette bataille. Il faut savoir que cet excité appartient au courant du « dominionisme », qui consiste à infiltrer progressivement toutes les sphères de l’Etat et à terme, remplacer la Constitution par la loi de la Bible (on ne sait pas trop si ce sont les dix commandements ou l’œil pour œil, dent pour dent…)

On sent bien que Mc Cain essaye par tous les moyens de récupérer l’électorat de Mike Huckabee, pasteur évangélique qui a créé la surprise lors des primaires en récoltant pas mal de voix. Car c’est ce même électorat qui avait largement participé à l’élection de Bush.

Mais si Mc Cain veut aussi séduire certains démocrates, il ferrait bien de garder son petit côté « maverick »(4) qui fait qu’il n’auront pas peur d’élire un nouveau Bush.


(1) "Le gouvernement leur donne de la drogue, construit des prisons plus grosses et adopte la loi "three-strike" et après il veut que nous chantions "Dieu bénisse l'Amérique". Non, non, non, Dieu maudisse l'Amérique. C'est le châtiment que préconise l'Eglise pour le meutre d'innocents. Dieu maudisse l'Amérique parce qu'elle traite les citoyens comme des moins que rien. Dieu maudisse l'Amérique tant qu'elle se prend pour Dieu."

"Three-strike law", relativement intraduisible. Fait référence au base-ball et aux strikes, c'est à dire aux tirs du batteur. Au bout de trois tirs ratés, le batteur est automatiquement éliminé. La loi "three-strike" prévoit qu'au bout de trois crimes, le criminel soit automatiquement condamné à l'emprisonnement à vie.

(2)Correspond à ce que Molière aurait appelé une fille de joie.

(3) C'est pas moi qui l'a dit c'est pas moi qui l'est.Littéralement: "Ce n'est pas juste de dire que je suis forcément d'accord avec les opinions exprimés par ceux qui me soutiennent"

(4)Rebelle par rapport au courant de pensée dominant chez les républicains. Hé oui, Mc Cain le vétéran passe pour un rebelle dans son propre camp...

Par laurence - Publié dans : politique
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 15:08

Le problème majeur d’Hillary Clinton en ce qui concerne sa position sur l’Irak,  c’est qu’elle a tourné sa veste de manière assez grossière. Elle a beau pleurer un Etat sur deux, celle qui se veut la championne de l’expérience ne pourra faire oublier qu’elle s’est trompée alors qu’Obama, lui, n’a jamais dévié d’un poil sa ligne de conduite depuis 2002.

 

Ainsi, alors que le même pas encore sénateur Obama s’opposait à la guerre en Irak, elle votait l’envoi de la cavalerie lourde des deux mains…

 

Enfin bref, maintenant qu’ « on » sait que Saddam ne planquait pas d’armes de destruction massive dans le palais présidentiel, la guerre en Irak, elle est contre (et moi qui croyait que le rôle des politiques c’était justement d’être au courant avant qu’ « on » sache…) et n’hésite pas à monter sur ses grands chevaux pour fustiger la politique actuelle de military surge.

 

 « Our message to the president is clear. It is time to begin ending this war, not next year, not next month, but today”. (Discours à Des Moines, 10 juillet 2007)

 

 

 

Le but est donc clair, il s’agit de « ramener les troupes à la maison ». Comme le dit si bien Hillary Clinton:

 

“So we've dug ourselves into a pretty deep hole, haven't we? But I am confident we can dig ourselves out.” (Discours à Des Moines, 10 juillet 2007)

 

 

 

Elle propose donc un plan en trois étapes :

  1. Dès son entrée à la Maison Blanche, elle ordonnera au Secrétaire à la Défense de proposer sous 60 jours un plan de retrait des troupes incluant la gestion des vétérans. J’en connais un qui ne va pas s’embêter…
  2.  Pendant le retrait des troupes, toutes les forces vives américaines encore sur le territoire se concentreront sur l’aide aux populations et non plus sur le soutien au gouvernement en place. En gros, les Américains éviteront un détour improductif par la gouvernement irakien jugé inefficace et aideront directement les ONG dans leur travail. Bien sûr on saupoudre le tout d’un peu d’intervention de l’ONU.
  3. Pour contrebalancer le départ des troupes, Hillary Clinton souhaite renforcer la diplomatie dans la région (après avoir bien rappelé dans le point 2 à quel point le gouvernement irakien n’était pas à la hauteur de sa tâche, je n’aimerais pas être un ambassadeur américain…). L’ONU entrerait là aussi en action et on lui laisserait le soin de réconcilier chiites et sunnites (bon courage), de convaincre les voisins de ne pas prendre partie dans la guerre civile irakienne (bon courage).

 Enfin, comme elle ne voudrait pas avoir l’air de lâcher l’Irak, Hillary a recours à l’argument suprême : MONEY ! Elle prône ainsi un effort de plusieurs milliards de dollars sous le patronage du haut comité de l’ONU aux réfugiés pour venir en aide au Irakiens.

 
 Voilà ce qui s’appelle un beau revirement…Ceci dit selon le bon vieil adage populaire, il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis !


hillary.JPG

 

Par laurence - Publié dans : politique
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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 20:47
    Obama se positionne comme celui qui a toujours dit que la guerre en Irak était un plan foireux.
En 2002 déjà, il déclarait :   « I don't oppose all wars. What I am opposed to is a dumb war. What I am opposed to is a rash war. What I am opposed to is the cynical attempt by Richard Perle and Paul Wolfowitz an other armchair, weekend warriors in this administration to shove their own ideological agendas down our throats, irrespective of the costs in lives lost and in hardships borne.”(vlan! 26 Octobre 2002 au Sénat)

Aujourd’hui, il dresse le constat suivant:

-         Le but initial de la « military surge » (expression consacrée pour signifier un renfort des troupes) était de contenir la guerre civil pour, dixit Bush Jr., que « les Irakiens reprennent confiance en leur gouvernement et que celui-ci puisse s’occuper d’autres problèmes critiques » (Janvier 2007). Or, depuis, non seulement 700 soldats sont morts, mais en plus le gouvernement irakien n’a progressé dans aucun des domaines critiques que sont la gestion des ressources pétrolières, les élections provinciales, le désarmement des milices…

-          L’armée américaine ne peut plus supporter la guerre en Irak. La military surge en Irak nuit sérieusement aux autres postes de l’armée américaine. Un tiers des Marines sont en Irak, un quart des véhicules de l’armée sont en Irak. Les troupes non-déployées ne tournent qu’avec le tiers des équipements nécessaire à leur bon fonctionnement (toute similitude avec l’armée française n’est que pure coïncidence…)

Le plan d’Obama pour résoudre la crise se résume à cette phrase : « There is no military solution in Iraq. The best way to protect our security and to pressure Iraq’s leaders to resolve their civil war is to begin immediately to remove our combat troops ». En bref, et d’une, y en a marre de se faire tuer en Irak dans une guerre qui est their (le fait d’avoir donné un ‘tout-de-même-fort’ coup de pied dans la poudrière n’a bien sûr rien à voir dans une bonne guerre civile), et de deux le gouvernement irakien ne se bougera pas tant qu’il ne devra pas gérer seul le  giga mess qu’est l’Irak aujourd’hui.

En pratique :

-         Retrait stratégique des troupes (dans une débâcle tout est stratégique, apparemment ça permet de ne pas perdre la face, les chinois vont adorer.). On commence par les zones à peu près safe (sous-entendu pour voir ce qui se passe), puis ensuite les plus volatile (sous-entendu où on sait que ça se passera mal). Une à deux brigades évacuées tout les mois, plus personne d’ici fin 2009. Plus personne, sauf une force résiduelle destinée à protéger les diplomates, continuer à chercher Ben Laden pour la forme et, si elles sont gentilles et non-sectaires, entraîner les forces de sécurité irakiennes.

-         Responsabiliser le gouvernement irakien. Et d’une en les laissant se débrouiller avec leurs mollahs et leurs bombes humaines (ça fait tout drôle hein ?), et de deux en monnayant toute aide contre un respect de la parité ethnique et des droits de l’homme.

-         Entrer dans l’ère de la diplomacy surge. Le but est de restaurer une diplomatie américaine importante dans la région qui aura pour (modeste) mission de trouver un accord entre les Turcs et les Kurdes, faire pression sur les états sunnites (Arabie Saoudite & associates) pour influencer en bien les Sunnites iraquiens, demander à l’Iran et à la Syrie de se mêler de leur affaires, faire signer un contrat de non interventionnisme aux voisins un poil trop entreprenant (cf : Turquie et Iran).

-         Faire face aux drames humanitaires. L’idée est de mettre en place un groupe de réflexion international sur le sujet, en donnant a lot of dollars au pays limitrophes qui accueillent des réfugiés, en sécurisant les convois, en essayant de prévenir un éventuel génocide.
C’est dans cette partie là du programme que l’on voit que le Black est définitivement bon orateur. « President Bush likes to warm of the dire consequences of ending the war…he warms of huge             movements of refugees and mass sectarian killing, but that has already taken place. These are not     the consequences of a future withdrawal. They are the reality of Iraq’s present…We have a strategic     interest-and moral obligation-to act

Je me demande si ce n’est pas Villepin qui lui écrit ses discours…

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Par laurence - Publié dans : politique
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