Comment comptent-ils se sortir du bourbier irakien? Episode 1 - Le Black.
En 2002 déjà, il déclarait : « I don't oppose all wars. What I am opposed to is a dumb war. What I am opposed to is a rash war. What I am opposed to is the cynical attempt by Richard Perle and Paul Wolfowitz an other armchair, weekend warriors in this administration to shove their own ideological agendas down our throats, irrespective of the costs in lives lost and in hardships borne.”(vlan! 26 Octobre 2002 au Sénat)
Aujourd’hui, il dresse le constat suivant:
- Le but initial de la « military surge » (expression consacrée pour signifier un renfort des troupes) était de contenir la guerre civil pour, dixit Bush Jr., que « les Irakiens reprennent confiance en leur gouvernement et que celui-ci puisse s’occuper d’autres problèmes critiques » (Janvier 2007). Or, depuis, non seulement 700 soldats sont morts, mais en plus le gouvernement irakien n’a progressé dans aucun des domaines critiques que sont la gestion des ressources pétrolières, les élections provinciales, le désarmement des milices…
- L’armée américaine ne peut plus supporter la guerre en Irak. La military surge en Irak nuit sérieusement aux autres postes de l’armée américaine. Un tiers des Marines sont en Irak, un quart des véhicules de l’armée sont en Irak. Les troupes non-déployées ne tournent qu’avec le tiers des équipements nécessaire à leur bon fonctionnement (toute similitude avec l’armée française n’est que pure coïncidence…)
Le plan d’Obama pour résoudre la crise se résume à cette phrase : « There is no military solution in Iraq. The best way to protect our security and to pressure Iraq’s leaders to resolve their civil war is to begin immediately to remove our combat troops ». En bref, et d’une, y en a marre de se faire tuer en Irak dans une guerre qui est their (le fait d’avoir donné un ‘tout-de-même-fort’ coup de pied dans la poudrière n’a bien sûr rien à voir dans une bonne guerre civile), et de deux le gouvernement irakien ne se bougera pas tant qu’il ne devra pas gérer seul le giga mess qu’est l’Irak aujourd’hui.
En pratique :
- Retrait stratégique des troupes (dans une débâcle tout est stratégique, apparemment ça permet de ne pas perdre la face, les chinois vont adorer.). On commence par les zones à peu près safe (sous-entendu pour voir ce qui se passe), puis ensuite les plus volatile (sous-entendu où on sait que ça se passera mal). Une à deux brigades évacuées tout les mois, plus personne d’ici fin 2009. Plus personne, sauf une force résiduelle destinée à protéger les diplomates, continuer à chercher Ben Laden pour la forme et, si elles sont gentilles et non-sectaires, entraîner les forces de sécurité irakiennes.
- Responsabiliser le gouvernement irakien. Et d’une en les laissant se débrouiller avec leurs mollahs et leurs bombes humaines (ça fait tout drôle hein ?), et de deux en monnayant toute aide contre un respect de la parité ethnique et des droits de l’homme.
- Entrer dans l’ère de la diplomacy surge. Le but est de restaurer une diplomatie américaine importante dans la région qui aura pour (modeste) mission de trouver un accord entre les Turcs et les Kurdes, faire pression sur les états sunnites (Arabie Saoudite & associates) pour influencer en bien les Sunnites iraquiens, demander à l’Iran et à la Syrie de se mêler de leur affaires, faire signer un contrat de non interventionnisme aux voisins un poil trop entreprenant (cf : Turquie et Iran).
- Faire face aux drames humanitaires. L’idée est de mettre en place un groupe de réflexion international sur le sujet, en donnant a lot of dollars au pays limitrophes qui accueillent des réfugiés, en sécurisant les convois, en essayant de prévenir un éventuel génocide.
C’est dans cette partie là du programme que l’on voit que le Black est définitivement bon orateur. « President Bush likes to warm of the dire consequences of ending the war…he warms of huge movements of refugees and mass sectarian killing, but that has already taken place. These are not the consequences of a future withdrawal. They are the reality of Iraq’s present…We have a strategic interest-and moral obligation-to act”
Je me demande si ce n’est pas Villepin qui lui écrit ses discours…