Rugby, le mythe à l'épreuve de la réalité
Un nouveau chroniqueur a été récruté pour animer, entre autres, la rubrique sport. Les premières victimes de sa plume acérée sont nos chers amis rubgymen...
Ce soir, les Rugbeux sont à la gueuze, un bar hyper branché où ces amoureux de « l’Ovalie » (il parait que ça fait bien de dire ça) établissent leurs quartiers une fois tous les mois pour passer un peu de bon temps… (autour de deux litres de bière, par personne bien sur. Essayez, c’est déjà dur de boire autant d’eau d’un coup). Il faut dire que demain, il y a amphi de matériaux et que le championnat étant en trêve, il n’y a pas grand-chose à faire dans l’après midi : ils auront donc une journée pour se remettre. Il est déjà 23h00 et j’imagine avec effroi le bruit qu’ils ne vont pas manquer de faire dans le couloir en rentrant vers minuit et demi. Malheur à celui qui n’a pas pensé à fermer sa porte à clé, il va lui arriver des bricoles. Je repense en souriant au vieil adage hérité de nos ennemis anglois : “football is a game for gentlemen played by ruffians and rugby is a game for ruffians played by gentlemen”.
Gentlemen, nos rugbeux?? Ca m’étonnerait bien! A moins que vomir partout, réveiller la résidence, montrer son fondement et exposer à tout venant l’organe qui fait sa fierté fasse partie des attributs du parfait petit gentleman. Et pensons aux maniaco-dépressifs qui commentent les matchs pour la télé (je vous assure que pour avoir l’accent qu’ils ont, il faut être maniaco-dépressif. Prévenez moi si vous croisez quelqu’un qui a un accent comme ça dans la vraie vie), aux libidineux athlètes du Stade Français vêtus de leurs maillots roses et moulants, aux fameux Dieux du Stade (l’auteur, dans un geste sportif, ne s’attardera pas sur cet étalage de chair mis à la disposition d’un public avide de sensations fortes, toute attaque serait vraiment trop facile…). Quant à Chabal, l’idole des jeunes, la seule fois où il entrera dans la Haute, ce sera empaillé avec un petit écriteau en laiton indiquant « abattu au domaine de Trucchouette le 14/02/2009 ». Je vous assure que les rugbeux sont tout sauf des gentlemen, qu’on se le dise !
Ce n’est pas au foot qu’on verrait un joueur se faire arracher le nez avec les dents en plein match par un adversaire ramené à ses plus primitifs instincts de carnassier assoiffé de sang (ajoutons pour l’anecdote que le joueur, dans un élan de fairplay, a recraché le nez incriminé. Il arrive en effet que les joueurs avalent des bouts d’oreilles subtilisés à leurs adversaires pour éviter les sanctions). Alors ils me font bien rire les défenseurs d’un rugby « pur » et amateur, qui se retrouvent pour regarder les matchs des VI nations dans un pub hyper authentique (ils ont même un kilt et un maillot de l’équipe de Galles 1973) du quartier latin. Ils n’ont jamais touché un ballon, et se pavanent dans leurs polos Eden Park en roulant des mécaniques. Je ne m’arrêterai pas à des considérations techniques qui pourront faire l’objet d’une prochaine parution.
Je pense moi que le rugby est un sport de ruffians joué par des ruffians qui sont fiers d’être des ruffians, alors c’est cool !
PS : A l’attention de mes futurs détracteurs, j’ai joué 8 matchs de rugby dans ma vie, ça vous en bouche un coin, hein ??