American psycho

Publié le par laurence

 

 

 

En général, j'aime bien les bouquins que je lis quelque soit le style et même si c'est un peu glauque et un peu trash, mais là...trop c'est trop!

 

 

 J'ai acheté American psycho parce que j'avais bien aimé Lunar Park du même auteur (çàd Bret Easton Ellis), et surtout parce que j'avais lu que ce bouquin avait choqué l'Amérique et en même temps ouvert la voie de la célébrité à M. Ellis.

 

 

 American psycho (certains ont peut-être vu l'adaptation cinématographique? moi pas...) bat tous les records de cruauté, de mauvais goût et de cynisme gratuit. Quelque fois le cynisme est un style qui passe très bien et qui fait rire, mais là, c'est trop écoeurant pour être intéressant. Dès les premières pages, on est saoulé par les descriptions très denses et lourdes des tenues vestimentaires des yuppies de NY de type:

 

 

 

 

 

"Price, lui, porte un costume de laine et soie Ermenegildo Zegna à six boutons, une chemise de coton Ike Behar à poignets mousquetaire, une cravate de soie Ralph Lauren, et des chaussures en cuir bicolore Fratelli Rossi"....

 

 

...et des descriptions comme çà peuvent durer facilement trois pages.                                                              

 

 

 

 

 Mais derrière ce flot de détails insignifiants se cachent les atrocités comisent par ces jeunes Golden boy complètement déconnectés de la réalité. Patrick Bateman, héros du livre, partage ainsi son temps entre sa salle de sport, sa clinique de soin, les boîtes et les restos branchés (où il enchaîne les J&B on the rocks avec les pauses cocaïne), et enfin, son passe temps favori, la tuerie (torture serait peut-être plus adapté) à la scie ou au couteau de boucher d'inconnus qui n'ont commis pour seul crime que celui d'avoir croisé son regard ou son chemin.

 

 

Dès les premières pages, c'est l'overdose, et çà le reste. La double vie à peine masquée de Pat Bateman, mais ignorée de ses "amis" tous plus shootés les uns que les autres, produit chez le lecteur un profond malaise. Et encore, les pires scènes du livre ne sont pas forcément celles où la violence s'exprime explicitement. On ressent moins de dégoût en lisant une scène où il tronçonne impulsivement une prostituée qu'en ayant sous les yeux celle où il tend un billet de 10$ à un clochard avant de le lui refuser en ricanant. Et les scènes du genre, çà donne çà:

 

 

 

 

 

"En sortant du taxi, il avise un clochard sur le trottoir, vêtu d'une espèce de combinaison de para, minable, immonde, pas rasé, les cheveux plaqués en arrière par la crasse et, plaisamment, Price lui tient la porte du taxi. Le clochard marmonne quelque chose, le regard rivé au trottoir, tendant vers nous le gobelet en plastique vide qu'il serre d'une main hésitante.                                                                                      

 

 

  - Il ne veut pas le taxi, je suppose, ricane Price, claquant la portière. Demande-lui si il prend l'American Express.

 

 

 - Vous prenez l'AmEx?

 

 

Le clochard hoche la tête et s'éloigne lentement en traînant les pieds."

 

 

 

 

Sans commentaires...

 

 

 

 

 

Bref les descriptions de l'opulence criarde et exhibée sauvagement suivent les scènes porno illisibles (Ellis réussit en la matière à faire pire que Houellebecq et c'est très, très fort!), ou les scènes de boucherie.

 

 

 

 

Alors je sais que les livres sont là pour faire réagir, et que celui-ci, comme le décrit le petit texte de quatrième de couverture, "nous oblige à regarder en face l'intolérable, ce que peu de romancier ont le courage de faire", je sais aussi qu'on a passé l'âge des Clubs des cinq, mais là, j'ai abandonné le bouquin à la page 255 sans avoir l'impression que j'allais manquer un grand moment artistique.

 

 

 Le dernier mot de la dernière page, c'est SANS ISSUE. Cela traduit bien ce qu'est ce livre, sans issue, sans but aucun sinon celui de faire le déballage de l'atrocité absolue, complètement gratuit.

 

 

 

 

 

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L
Déranger pour déranger, choquer pour choquer, finalement on le sait tous que le monde n'est pas rose, que la vie est moche, que derrière les apparences les branchouilles new yorkais sont des salauds comme les autres...<br /> D'où je ne vois pas l'intérêt de nous en tartiner 400 pages il faut le dire en plus assez répétitive!<br /> BEE a fait mieux, dans le genre choquage intéressant j'ai préféré Lunar Park.<br />  
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C
J'ai lu le livre puis vu le film, et je trouve (deja que le film ne respecte absolument pas le livre, et meme dans son message) car selon toi, Brettie n'a pas voulu donner un message a son livre, juste nous assomer de monstruosite et de degout. Je ne suis pas de cet avis.<br /> Je pense en effet que BEE comme on l'appelle dans le milieu des happy few (en effet attribue a Stendhal...) dont je fais partie, a su represente la classe des golden boys new-yorkais (bon ca a la limite on s'en tape), mais a surtout su nous deranger, et je trouve que le degout que le livre inspire est comparable a Irreversible de Gaspard Noe. Ce n'est pas un livre reposant, confortable et reconfortant, c'est tout simplement un livre derangeant qui nous pousse a nous demander si l'esprit humain est capable de ca, si Bateman est atteint de folie ou si l'on est tous capable des pires atrocites, si tout est inscrit dans les genes des le debut, ou si la vie est une question de circonstances, de vecu et d'experiences. Voila autant de questions que je me suis pose.<br />  Le genre de livres tout sauf manicheen.
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B
J'avais peur que ton humeur massacrante ne me porte un coup fatal mais il n'en a rien été... L'air alpin a semble t il aider à l'adoucissement de ton tempérament..
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L
Bon alors Alex,  t'es rassuré quant à mes tendances meurtières?
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B
encore pire !  ton subconscient est toujours accroché à la dernière page que tu as lu  et tu risquerais de te réincarner en Patrick Bateman un beau matin a Avoriaz pour assouvir ton besoin dde satiété globuloique...<br /> Faim de sang après un livre sans fin en quelques sortes...
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