Petits vieux de Chine
Ils sont là d
ès l’aube, en petits groupes, concentrés, pour le taijichuang du matin.
Par un enchaînement savant, ils se dégrippent les muscles tous les matins et en profitent pour se raconter les ragots de la veille.
La deuxième version de la gym du matin c’est le club de mamies qui, dirigées par la mamie en chef (et en jogging rose), dansent en rythme sur un fond de pop chinoise.
Ensuite, chacun va faire ses petites courses et s’occuper des petits-enfants (hé oui, papa et maman travaillent il faut bien que quelqu’un s’occupe des joyeux bambins). On vaque aux tâches quotidiennes (étendre le linge devant la maison ou dans les arbres de la rue par un savant montage de bambous, faire tourner le rice cooker…) ou alors on s’instruit à l’Université du troisième âge.
Puis thé de quartiers, au soleil dès qu’il y a un rayon (surtout on n’oublie pas sa petite couverture anti-grippe).
Vers 19h on peut se rendre au petit bal du coin de la rue, épater ses compères en enchaînant salsa, mambo et rock sous les yeux des badauds. .
Dans cette Chine là, les vieux sont heureux même s’ils sont vieux.
En vrai, les petits vieux de Chine sont cardiaques comme ailleurs. En 2006, l’Organisation Mondiale de la Santé a classé la Chine parmi les pays à risque croissant en terme de maladies cardiovasculaires.
En vrai, les petits vieux de Chine sont souvent un peu fous. 6 millions d’entre eux sont atteints de démence sous une forme ou sous une autre.
Alors oui, les petits vieux de Chine sont souples et dynamiques, mais tout n’est pas rose.