Conceptitude

Publié le par laurence

A Shanghai, tout est « concept ». Ce qui veut absolument tout dire, absolument rien dire, donc…

Trois heures de shopping permettent néanmoins d’affiner ce terme !

Pour qu’un magasin soit concept, il faut :

(1)   qu’il soit blanc, qu’il ait des murs blancs, bref qu’il soit pâle parce que çà fait minimaliste. Et minimaliste c’est « concept ».

(2) Que les habits qu’on y trouve soient noirs ou blancs, ou les deux, (ou rayés noir et blanc, ou à carreaux…). D’abord, la couleur çà choque les yeux, ensuite, quand on entre on a l’impression d’être dans une photo en noir et blanc. Et la photo en noir et blanc c’est « concept ».

(3)   Que la présentation soit improbable. Pitié, pas de simples portemanteaux, de rayonnages ordinaires, il faut de l’élaboré, du sophistiqué. Parce que l’association minimaliste (1) + sophistiqué (3) c’est « concept ». Bref, si possible, il faut que les habits défilent sur des tapis roulants, que les chaussures pendent du plafond.

(4)   Dernière règle : la confection ce n’est pas de la couture mais de l’art, et pour que la cliente arrive à le croire, on vend çà très très cher. D’où une triple conclusion :

-         cher c’est un « concept ».

-         pour que quelque chose devienne « concept » il faut que ce soit cher.

-         le « concept » se paie cher.

 

NB : les guillemets répétés marquent la différence significative qu’il existe entre le « concept » shoppinguement parlant, et le concept philosophique.

Publicité

Publié dans Shanghai

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
oui Riko? tu voulais dire un truc là, nan?
Répondre
L
hé oui, les vacances ont une fin, mais, je te rassure, je garde quand même un petit w-end de trois jours!!
Répondre
R
J'adore les photos!<br /> A ce propos, d'ailleurs... comment dire... hem...
Répondre
M
Ah je vois que nous sommes de retour au boulot !!!
Répondre